Cyberfraude entreprise : faux RIB, phishing, ransomware, vol de données

droit-penal-des-affaires
4 min de lecture

Cyberfraude entreprise : faux RIB, phishing, ransomware, vol de données

Faux RIB, phishing, ransomware, piratage de messagerie : les 5 typologies de cyberfraude et les réflexes juridiques + bancaires + IT à activer.

Rédaction LeDroitEnClair.fr14 juillet 2026

En 2025, 1 entreprise française sur 2 a subi une cyberattaque, avec un coût moyen de 58 000 € pour une PME. La cyberfraude combine risque financier, opérationnel, RGPD et réputationnel.

Cyberfraude en entreprise : de quoi parle-t-on ?

Toute utilisation d'outils numériques pour tromper, détourner, voler ou bloquer une entreprise. Les 5 typologies principales :

  1. Faux RIB / fraude au virement (Fovi).
  2. Phishing (récupération d'identifiants).
  3. Ransomware (chiffrement + rançon).
  4. Piratage de messagerie professionnelle (BEC).
  5. Vol / fuite de données (RGPD + secrets d'affaires).

Faux RIB : le piège bancaire classique

Un fraudeur intercepte une facture, modifie le RIB et redirige le paiement.

Réflexes :

  • Rappel bancaire immédiat (fenêtre 24 h).
  • Signaler à la police (plainte).
  • Vérifier la messagerie (compromission ?).
  • Prévenir le fournisseur légitime.

Phishing : quand l'entrée se fait par un clic

Email ou SMS trompeur qui obtient identifiants ou déclenche un téléchargement malveillant.

Prévention :

  • Formation régulière des collaborateurs.
  • Double authentification obligatoire.
  • Filtres emails avancés.
  • Simulations phishing internes.

Ransomware : activité bloquée, rançon demandée

Chiffrement de tout ou partie du SI + demande de rançon en cryptomonnaie.

Les 5 règles d'or :

  1. Isoler les machines infectées (débrancher le réseau).
  2. Ne pas payer sans conseil (souvent inefficace + illégal si sanctions internationales).
  3. Préserver les preuves (logs, image disque, échanges).
  4. Contacter ANSSI + police + assurance cyber.
  5. Restaurer à partir de sauvegardes propres.

Payer une rançon n'est ni une garantie de restauration ni une garantie contre une seconde attaque. C'est aussi une infraction si le bénéficiaire est sous sanctions internationales.

Piratage de messagerie (BEC | Business Email Compromise)

Un fraudeur accède à la messagerie du dirigeant ou d'un DAF et envoie des ordres de virement urgents.

Signaux d'alerte :

  • Ordre de virement urgent hors circuit habituel.
  • Demande de confidentialité "opération sensible".
  • Nouveau fournisseur avec IBAN étranger.
  • Pression sur le collaborateur (délai serré, chantage psychologique).

Vol / fuite de données commerciales

  • Base clients copiée par un salarié sortant.
  • Exfiltration massive vers un cloud personnel.
  • Vol de secrets d'affaires ou de code source.

Coordination :

  • Droit pénal (accès frauduleux, vol, contrefaçon).
  • Droit commercial (concurrence déloyale, secret des affaires).
  • RGPD (violation de données à notifier à la CNIL sous 72 h).

Fraude au président (FoVi)

Un fraudeur usurpe l'identité du dirigeant et demande à un collaborateur un virement urgent à un tiers.

Prévention :

  • Procédure de double signature pour tout virement > seuil.
  • Contrepartie téléphonique obligatoire hors email.
  • Formation des trésoriers et assistants.

Une violation de données personnelles à risque doit être notifiée à la CNIL sous 72 h (art. 33 RGPD). Le silence expose l'entreprise à une amende jusqu'à 20 M€ ou 4 % du CA mondial.

Quand l'entreprise est victime : les 6 réflexes

  1. Isoler les systèmes touchés.
  2. Préserver les preuves (logs, image, sans re-démarrage).
  3. Alerter la banque (blocage / rappel).
  4. Contacter l'assurance cyber.
  5. Notifier la CNIL si données personnelles concernées.
  6. Déposer plainte au commissariat spécialisé (BEFTI / OCLCTIC).

Prévention : réduire le risque

  • Double authentification partout.
  • Sauvegardes régulières + testées + hors ligne.
  • Formation anti-phishing des collaborateurs.
  • Procédures de paiement avec double contrôle.
  • Assurance cyber dimensionnée.
  • Audit de sécurité annuel.

Passer à l'action

  • Gérer une cyberfraude en cours — actions bancaires + IT + juridique dans les 48 h.
  • Préparer ma plainte cyber — preuves techniques + juridiques + RGPD.
  • Consulter un pénaliste numérique — articulation pénal + assurance + CNIL.

Trouver un avocat en droit pénal des affaires

À lire aussi


Aller plus loin dans le cluster Droit pénal des affaires

Après une cyberfraude, la riposte juridique se prépare vite et méthodiquement.

Retrouvez la vue d'ensemble du sujet dans notre guide pilier : Droit pénal des affaires : anticiper, réagir, se défendre.

Domaines de droit concernés : Droit pénal · Droit des affaires.

Mots-clés
cyberfraude
faux RIB
phishing
ransomware
RGPD
Partager :

Cet article a une visée informative et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour toute décision engageant vos droits, consultez un professionnel du droit. | Rédaction LeDroitEnClair.fr

À lire ensuite

Contact

Une question ? Contactez-nous

Vous avez une question sur notre service, vous souhaitez devenir cabinet partenaire ou vous avez besoin d'aide pour trouver un avocat ?

Email

contact@ledroitenclair.fr

Adresse

52 Rue Marcadet, 75018 Paris