Un conseiller bancaire vous appelle pour « bloquer une fraude ». Un SMS vous demande de confirmer une opération. Un email imite votre banque. Un RIB est remplacé dans une facture. Un virement part vers un bénéficiaire inconnu. Vous pensez avoir été prudent, mais l'escroc connaissait votre nom, votre banque, parfois même une vraie opération.
Ces fraudes sont redoutables parce qu'elles utilisent la confiance. Elles ne cassent pas toujours la porte : elles vous convainquent de l'ouvrir.
LeDroitEnClair.fr vous aide à réagir vite, sans détruire les preuves.
Reconnaître les scénarios courants
Faux conseiller bancaire
Signaux :
- •appel urgent ;
- •discours rassurant mais pressant ;
- •demande de codes ;
- •demande de validation sur l'application ;
- •demande de transfert vers un compte « sécurisé » ;
- •prétendue opération frauduleuse à bloquer ;
- •envoi d'un coursier ou récupération de carte.
Phishing
Signaux :
- •lien de connexion ;
- •logo bancaire imité ;
- •faute discrète dans l'adresse ;
- •urgence ;
- •menace de blocage ;
- •demande de mot de passe ;
- •demande de code de validation ;
- •page presque identique au vrai site.
Faux RIB
Signaux :
- •changement de coordonnées bancaires ;
- •facture modifiée ;
- •email inhabituel ;
- •IBAN étranger ou inattendu ;
- •pression pour payer ;
- •fournisseur qui ne confirme pas par téléphone ;
- •adresse email proche mais différente.
Que faire immédiatement ?
Dans les premières heures :
- •contactez votre banque via le numéro officiel ;
- •faites opposition si nécessaire ;
- •demandez le blocage ou rappel de fonds ;
- •changez vos mots de passe ;
- •révoquez les appareils connectés ;
- •vérifiez les bénéficiaires ajoutés ;
- •conservez les SMS, emails, numéros et captures ;
- •ne répondez plus à l'escroc ;
- •déposez plainte si un préjudice existe ;
- •signalez les contenus frauduleux si nécessaire.
Chaque minute compte pour les flux bancaires. Chaque trace compte pour le dossier.
Les preuves à garder
Conservez :
- •numéro appelant ;
- •date et heure de l'appel ;
- •SMS ;
- •emails ;
- •liens reçus ;
- •captures d'écran ;
- •RIB frauduleux ;
- •facture modifiée ;
- •preuve du virement ;
- •bénéficiaire ajouté ;
- •notifications bancaires ;
- •échanges avec la banque ;
- •récépissé de plainte ;
- •relevés.
Ne nettoyez pas trop vite votre téléphone ou votre boîte mail. Ce qui paraît toxique peut devenir une preuve.
Que dire à la banque ?
Soyez factuel :
« Je signale une fraude potentielle. Une opération a été réalisée ou tentée le [date] pour [montant]. Je n'en suis pas à l'origine ou j'ai été trompé par un faux conseiller. Je demande le blocage ou rappel des fonds, l'opposition des moyens de paiement concernés et l'ouverture d'une contestation écrite. »
Puis demandez :
- •confirmation de l'opposition ;
- •numéro de dossier ;
- •adresse de réclamation ;
- •pièces à fournir ;
- •motif écrit si refus de remboursement.
Les erreurs à éviter
Évitez de :
- •rappeler le numéro qui vous a contacté ;
- •cliquer à nouveau sur le lien ;
- •supprimer les messages ;
- •attendre le lendemain pour prévenir la banque ;
- •valider une opération « pour l'annuler » ;
- •communiquer un code de sécurité ;
- •croire qu'un vrai conseiller demande vos codes ;
- •déposer plainte sans prévenir la banque ;
- •tout raconter sur les réseaux sociaux.
