Cas pratiques juridiques B2C & B2B : 49 études anonymisées avec délais et coûts réels
Études de cas — anonymisées et sourcées
49 cas concrets pour comprendre avant d'agir
Délais réels, coûts engagés, honoraires, jurisprudences citées : chaque cas raconte une procédure complète. Filtrez par domaine ou recherchez un mot-clé.
PME industrielle (32 salariés) en relation commerciale stable depuis 11 ans avec un grand donneur d'ordre (60 % du CA). Rupture notifiée avec préavis de 3 mois seulement, sans justification objective, alors que la jurisprudence Cass. com. impose 8-12 mois pour une telle dépendance.
Issue
Mise en demeure + saisine du Tribunal de commerce (art. L442-1 II C. com.). Démonstration de la dépendance économique + des investissements engagés à la demande du donneur d'ordre. Préavis insuffisant requalifié : indemnité de rupture 320 k€ (8 mois de marge brute) + 45 k€ de dommages-intérêts complémentaires (perte de chance contrats futurs). Médiation tentée puis échec. Honoraires : 38 k€ HT (success fee inclus). Délai : 19 mois.
Clause limitative de responsabilité réputée non écrite — 185 k€ recouvrés
ESN éditrice d'un logiciel SaaS, bug critique causant 14 jours d'arrêt chez un client (perte d'exploitation 215 k€). Clause limitative dans le contrat limite la responsabilité à 1 mois d'abonnement (980 €). Procédure judiciaire engagée par le client.
Issue
Tribunal de commerce écarte la clause limitative (Cass. com. — Chronopost / Faurecia : clause vidant l'obligation essentielle = nulle). ESN condamnée à hauteur du préjudice prouvé : 185 k€ (perte d'exploitation hors charges). Médiation post-jugement → étalement sur 24 mois. Mise à jour des CGV avec rédaction conforme (clause de plafond raisonnable). Honoraires défense : 28 k€ HT. Délai : 14 mois.
Arbitrage CCI — sentence exécutoire pour litige international 480 k€
Distributeur français + fournisseur italien sur 5 ans (matériel BTP). Désaccord sur la qualité technique + non-conformité des dernières livraisons. Clause d'arbitrage CCI (siège Paris, droit français). Préjudice initial 620 k€.
Issue
Procédure d'arbitrage CCI lancée en J+45. Expertise technique par expert désigné par le tribunal arbitral. Audience d'arbitrage 9 mois après. Sentence : condamnation du fournisseur à 480 k€ (non-conformité partielle, expertise modérant la demande initiale). Sentence exequatur en France et en Italie (Règlement Bruxelles I bis). Pas d'appel possible. Honoraires + frais CCI : 86 k€ HT. Délai : 13 mois (vs ~3 ans en TC standard).
Licenciement pour faute grave sécurisé — confirmation prud'homale
ETI 240 salariés, licenciement pour faute grave d'un chef de service (12 ans d'ancienneté) après preuves matérielles de détournements de notes de frais cumulés sur 18 mois (~28 k€). Procédure suivie scrupuleusement : convocation, entretien, lettre motivée, mise à pied conservatoire.
Issue
CPH : reconnaissance de la faute grave (Cass. soc. constante — détournement répété + abus de confiance). Licenciement validé, pas d'indemnité, pas de préavis. Action pénale parallèle (escroquerie + abus de confiance) : 6 mois sursis + 28 k€ DI + remboursement. CPH appelé : confirmation en 2e instance. Aucun coût indemnitaire pour l'employeur. Honoraires défense : 12 k€ HT. Délai : 11 mois.
PSE négocié — 47 ruptures conventionnelles collectives, 0 contentieux
Entreprise industrielle 320 salariés, fermeture de site régional (52 postes touchés). Marché en récession, plan stratégique de réorganisation. Comité Social et Économique informé en J0. Choix : PSE (Plan Sauvegarde de l'Emploi) + Rupture Conventionnelle Collective (art. L1237-19 C. trav.).
Issue
Négociation RCC avec OSR pendant 5 mois : prime forfaitaire 24 k€ + congé reclassement 9 mois + abondement CPF (5 k€/personne). Validation DREETS J+45. 47/52 salariés signent la RCC (90,4 % d'adhésion). 5 reclassements internes obtenus. Aucun contentieux prud'homal. Économie vs PSE classique : ~1,2 M€ (frais avocats, indemnités contestées). Honoraires juriste interne + cabinet : 65 k€ HT. Délai total : 9 mois.
ETI 180 salariés, délégué syndical CGT mis à pied 3 jours (manquement disciplinaire mineur). Saisine prud'homale en discrimination syndicale + Défenseur des droits. Demande : 96 k€ (préjudice moral, perte de chance, dommages réputationnels). Témoignages contradictoires entre collègues.
Issue
Préparation rigoureuse du dossier défense (chronologie matériel, écrits internes neutres, sanctions analogues subies par d'autres salariés non syndiqués). Audience CPH : rejet de la discrimination invoquée (pas de présomption suffisante au sens de Cass. soc. 30/06/2021). Employeur relaxé + 18 k€ art. 700 CPC + 5 k€ frais d'huissier en sa faveur. Honoraires : 22 k€ HT (récupérés en quasi-totalité).
Injonction de payer — 87 k€ recouvrés en 8 semaines sans audience
Sous-traitant BTP, 4 factures impayées par un donneur d'ordre (total 87 k€), créance non contestée. Tentatives amiables sur 90 jours : 3 LRAR + appels téléphoniques sans réponse. Trésorerie de la PME tendue.
Issue
Requête en injonction de payer devant le Tribunal de commerce (art. 1405 CPC). Pièces : factures + bons de commande signés + relances. Ordonnance d'injonction obtenue en J+12, signifiée par huissier J+18. Pas d'opposition du débiteur dans le délai d'1 mois. Titre exécutoire J+50. Saisie-attribution sur compte bancaire débiteur : 87 k€ recouvrés intégralement. Frais : huissier 950 € + avocat 1 800 € HT (récupérés du débiteur). Délai total : 8 semaines.
Société d'ingénierie, marché de prestation intellectuelle, facture finale impayée 165 k€ malgré livraison conforme + PV de réception signé. Débiteur conteste post-livraison (« non-conformité » non justifiée) pour gagner du temps. Trésorerie critique.
Issue
Référé-provision devant le Tribunal de commerce (art. 873 al. 2 CPC) : créance non sérieusement contestable. Démonstration : PV signé, livrables validés, aucune réserve à l'époque. Audience J+45. Provision de 145 k€ accordée + intérêts au taux légal majoré (art. L441-10 C. com.) + 8 k€ art. 700. Procédure au fond engagée en parallèle pour le solde + dommages-intérêts. Recouvrement effectif en J+90 via saisie. Honoraires : 8 k€ HT (récupérés). Délai référé : 3 mois.
Sauvegarde judiciaire client — déclaration créance + recouvrement 38 % via plan
Fournisseur informatique, créance 280 k€ contre un client placé en procédure de sauvegarde judiciaire. Découverte BODACC. Délai de 2 mois pour déclarer la créance au mandataire judiciaire. Plan de continuation envisagé sur 8 ans.
Issue
Déclaration de créance complète (factures, bons de commande, mises en demeure) dans le délai légal. Admission au passif sans contestation pour le montant total. Plan de continuation arrêté par le Tribunal de commerce : 38 % du passif sur 8 ans (annuité variable). 1re échéance perçue : 13 300 €. Préservation du dossier client (poursuite des prestations sous conditions sécurisées : paiement comptant). Honoraires : 6 k€ HT. Total recouvré projeté : 106 400 € sur 8 ans (vs 0 en liquidation).
106 400 €
96 mois
Source : Art. L622-24 C. commerce (déclaration créance)
Chaque cas a son contexte. Avant d'engager une procédure, un entretien avec un avocat partenaire (1re consultation possible en visio) permet d'évaluer vos chances, le coût et le délai réel.